Pour aller un peu plus loin
Dans la Newsletter n°25 du 27 Juin 2024, En attendant la suite
1- Thésée, sa vie nouvelle de Camille de Toledo. Je n’avais pas lu un si beau livre depuis longtemps. C’est l’histoire d’un départ, d’une fuite vers l’est. Thésée quitte “la ville de l’Ouest” en espérant une vie nouvelle, loin des souvenirs. Mais Thésée ne trouve pas le repos. Il devra enquêter sur son histoire, se confronter aux archives pour avancer, soulager le corps et se libérer d’une question qui l’obsède : Qui commet le meurtre d’un homme qui se tue ?
Un livre difficile et magnifique sur l’importance de ce qui se transmet silencieusement.
2- Plus léger et très sympathique, vous pouvez découvrir le super podcast de Bertille Isabeau, invitée d’une newsletter il y a quelques mois ! Dans Teenage Wildlife, vous entendrez des invité·es raconter leurs adolescences, cette douce période faite d’hormones, de pleurs, de colère et de joie. Et qui sait, vous reconnaitrez même peut-être certain·es invité·es.
Dans la Newsletter n°24 du 6 Juin 2024, Chassé-croisé, soignant soigné
1- Cette semaine, j’ai écouté le deuxième épisode d’Un Podcast à soi que Charlotte Bienaimé consacre à psy et féminisme, mes deux sujets préférés. En interrogeant des psys et des patientes, elle se demande comment inventer une thérapie féministe ?
On naît, on grandit et on vit dans des sociétés patriarcales au point que parfois, on ne s’en rend plus compte. Depuis des siècles, le patriarcat se niche dans notre inconscient et dans nos histoires intimes et familiales. Alors est-ce qu’il ne faudrait pas que les thérapeutes s’emparent des outils et des grilles de lecture du féminisme pour nous aider à aller mieux et à comprendre ce qui nous arrive ?
Essentiel et passionnant.
2- Tout aussi passionnant et éclairant, Sur le fil, du podcast À suivre (Arte Radio), une série en quatre épisodes autour de la bipolarité. Dans cette enquête personnelle et intime, Laetitia Druart “ interroge les démons familiaux et ceux de la maladie mentale, mais aussi les soins proposés par la société et le corps médical ” pour tenter de comprendre un mal qui a empoisonné toute sa famille.
Dans la Newsletter n°23 du 16 mai 2024, S’aligner, rencontre avec Adeline, soignante hors du commun
1- Cette semaine, deux épisodes hyper intéressants du podcast L’Inconscient (France Inter). Le premier sur la résilience, comme puissance de guérison de l’Inconscient. Je n’ai jamais été fan de ce concept de résilience servi à toutes les sauces, mais le podcast me l’a fait penser autrement.
Comment notre cerveau orchestre-t-il ce ballet complexe entre mémoire, émotions et résilience ? Et surtout, comment pouvons-nous aider notre inconscient à devenir un meilleur soutien dans nos moments de lutte ?
2- Le deuxième, autour de la notion de consentement et de cette étrange affirmation : “qui ne dit mot, consent”. Entre Freud et Neige Sinno, “Clotilde Leguil examine ce point de bascule où le sujet ne dit mot, non pas parce qu’il consent mais parce qu’il a cédé à une situation à laquelle il ne peut pas répondre, plus répondre.”
Dans la Newsletter n°22 du 25 avril 2024, Hors cadre 2/2
1- Cette semaine, j’ai écouté Au procès des folles, premier volet que Charlotte Bienaimé (Un Podcast à soi, Arte Radio) consacre à Psy et féminisme, sujet ô combien essentiel à traiter. Dans cet épisode, Charlotte Bienaimé met en lumière la façon dont les femmes victimes de violences peuvent être maltraitées au cours de leurs démarches juridiques contre leurs ex conjoints, et cela par des expert.es psy* qui remettent en doute leur parole, les rendent responsables de la situation en faisant bien mauvais usage des théories psychanalytiques.
Cet épisode décrypte le processus de psychologisation de la violence (des victimes, mais aussi des agresseurs) qui permet de mieux l’occulter.
Absolument à écouter.
2- Comment soigner dans une institution malade ? C’est la question que l’on se pose en regardant le documentaire Etat limite (Arte) réalisé par Nicolas Peduzzi. On y suit le docteur Jamal Abdel-Kader, seul psychiatre pour tout l’hôpitalBeaujon, à Clichy. Il court de service en service, dévoué corps et âme à ses patient.es, à son métier, qu’il tente de pratiquer au mieux malgré les impératifs de rendement et son propre épuisement. Terrible témoignage de l’effondrement de l’hôpital public. Un film important.
Dans la Newsletter n°20 du 14 mars 2024, Mémoire d’un court-circuit.
1– Connaissez-vous le podcast L‘Inconscient de France Inter ? Podcast idéal pour un long trajet en métro. Cette semaine j’ai écouté Emprise et désobéissance tout au long de l’interminable ligne 8. Clotilde Leguil, philosophe et psychanalyste, s’appuie sur Le Consentement de Vanessa Springora pour explorer l’emprise et ses effets, notamment celui de l’impossibilité à désobéir. « Qu’est-ce qui fait que sous emprise, le sujet obéit et croit même qu’il désire ce à quoi il obéit ? » Une relecture intéressante de Barbe Bleue comme un éloge de la désobéissance.
2- Cette semaine j’ai aussi regardé Psycho, une super série documentaire d’Arte qui explore les troubles et la souffrance psychiques. Anxiété, dépression, dépendance…, on écoute face caméra des personnes concernées ainsi que des spécialistes. Le format est simple et très instructif.
Dans la Newsletter n°19 du 29 février 2024, Exception-disparition.
1– Il y a quelques années, je conseillais souvent à mes proches de lire Jours sans faim, le premier roman de Delphine de Vigan, paru en 2001 sous pseudonyme.
Dans ce texte l’autrice raconte l’hospitalisation, décrit extrêmement bien l’enfer de l’anorexie et la lutte pour s’en sortir. « C’était quelque chose en dehors d’elle qu’elle ne savait pas nommer. Une énergie silencieuse qui l’aveuglait et régissait ses journées. Une forme de défonce aussi, de destruction. »
2- Si vous me suivez sur Instagram, vous savez déjà que j’ai adoré lire Charge, j’ouvre le huis clos psychiatrique (2023) écrit par Treize, slameuse et poétesse. L’autrice dénonce les violences croisées et subies en « pays psychiatrique », « un espace dans lequel l’abus de pouvoir bat son plein ». Un récit important, une voix à entendre.
Dans la Newsletter n°18 du 8 février 2024, Hors cadre.
1- C’est quoi le pire, une psy qui écrit sur sa patiente ou une patiente qui raconte ses séances de psy ?
Dans le genre bien bien hors cadre il y a Sibyl de Justine Triet. Sibyl (excellente Virginie Efira) est psy. Quand elle décide de quitter ses patient•es pour se remettre à l’écriture, Margot (Adèle Exarchopoulos pas mal non plus) la contacte, elle a besoin d’aide en urgence. Sibyl est fascinée par les problèmes de cette jeune actrice, et en mal d’inspiration commence à enregistrer leurs séances en douce.
Justine Triet nous perd à merveille dans toutes les couches de fiction, on va loin dans la réalisation du fantasme, c’est génial et mystérieux. Absolument à voir, et même plusieurs fois.
2- À moins de vivre dans une grotte, j’imagine que vous avez entendu parler de la série autobiographique de Judith Godrèche, Icon of French cinema, à voir sur Arte.
Si vous ne l’avez pas encore regardée voici trop bonnes raisons de le faire :
1- il y a au moins une séance de psy par épisode et c’est toujours extrêmement drôle,
2- on découvre Judith Godrèche, touchante et hilarante,
3- on rit beaucoup (je vous ai dit que c’était drôle ?).
Dans la Newsletter n°17 du 24 janvier 2024, Les hommes et la santé mentale.
1– Vous pouvez écouter Burn-out : le mal du siècle ?, premier épisode du podcast Travail : les nouvelles conditions de France Culture. Super intéressant (seul bémol, le journaliste qui prononce « burnat »).
2- On ne présente plus le génial Un podcast à soi de Charlotte Bienaimé. Avez-vous écouté cet épisode Un autre homme est possible ? « Comment déconstruire ses pratiques de domination, ses injonctions intériorisées à la virilité ? », passionnant et essentiel, comme d’habitude.
Dans la Newsletter n°16 du 11 janvier 2024, Janvier : les bonne révolutions
1- Pendant les vacances j’ai vu la génialissime exposition de Sophie Calle, « À toi de faire, ma mignonne » – comme une retrospective de son oeuvre (ou de sa vie ?). Si vous êtes à Paris il vous reste quelques jours pour en profiter (jusqu’au 28 janvier). Sophie Calle s’empare du Musée Picasso qu’elle efface littéralement sous nos yeux, explorant des thèmes qui lui sont chers tels que la privation du regard ou la disparition. Allez-y les yeux fermés.
2- Avez-vous lu Partout le feu d’Hélène Laurain?
« Laetitia est née trois minutes avant sa sœur jumelle Margaux et trente-sept minutes avant l’explosion de Tchernobyl. Malgré des études dans une grande école de commerce, elle grenouille au Snowhall de Thermes-les-Bains, au désespoir de ses parents. Elle vit à La Cave où elle écoute Nick Cave, obsédée par les SUV et la catastrophe climatique en cours. »
L’histoire d’une militante écologiste bien énervée. C’est drôle, incandescent et poétique. Absolument à lire.
Dans la Newsletter n°15 du 21 décembre 2023, Anti Spleen avec Bertille
1- Plaisir d’offrir, joie de recevoir ? Pas toujours malheureusement. Cette année vous n’avez vraiment plus d’inspi pour tata Jeannine et vous avez compris que cousin Nico ne lirait jamais Les Sentiments du Prince Charles (de Liv Strömquist) ?
Je vous donne une idée : offrir un atelier. Sur Wecandoo tout est possible : suivre un pêcheur de pibale de nuit comme assembler son propre gin.
Mon coup de coeur : Océane et ses ateliers de Kintsugi, l’art de la restauration japonaise. Le Kintsugi ça consiste à réparer et embellir par les failles : totalement tudevraisconsultesque. Et puis Océane c’est une merveille de douceur et de joie.
2- Idée Podcast : Guide de survie aux fêtes de famille.
Cet épisode date de fin 2019 mais contre toute attente il est toujours autant d’actualité (quatre années n’auront donc pas suffi à détruire le patriarcat). Grace Ly et Rokhaya Diallo (du podcast Kiffe ta race), Camille Regache (Camille) et Victoire Tuaillon (Les Couilles sur la table) se sont réunies pour cet épisode spécial. Elles tentent ensemble de trouver des moyens de survie aux repas de famille et à leurs débats pas toujours constructifs.
Dans la Newsletter n°14 du 7 décembre 2023, Comment ça marche ?
1- La semaine dernière j’ai participé à un atelier d’écriture introspective (en visio) avec Louise Morel, et c’était génial. Si j’ai bien compris, l’idée de l’écriture introspective c’est de se faire du bien, avant tout. Il ne s’agit pas là de « bien écrire », mais seulement d’écrire pour soi, en présence des autres. Louise propose des amorces, des temps d’écriture, dans un cadre sécurisant, doux, et bienveillant.
2- Cette semaine j’ai lu Tumeur ou tutu de Léna Ghar, et j’ai absolument adoré. C’est l’histoire de Je. D’abord Je vit avec ses parents Swayze et Novatchok, ses frères Grandoux et Petit Prince et dans cette praison-là c’est pas joli joli. Et puis il y a la monstre. Venimeuse qui brûle l’intérieur – s’infiltre sans nom sans mot pour la dire. Le livre comme un nouveau langage au plus proche de l’oralité, poétique, violent et politique.
« Si je continue de me taire je meurs mais si je parle je la tue. »
Dans la Newsletter n°13 du 23 novembre 2023, Une rencontre avec Mareva, psychanalyste en devenir (ici, les reco de Mareva).
1- « La psychogénéalogie ou l’analyse transgénérationnelle », une série de France Culture. Hyper intéressant (même si parfois un peu flippant). La psychogénéalogie peut se résumer dans cette phrase de Françoise Dolto : « Ce qui tue à la première génération, la deuxième le porte dans son corps. »
2- Cet épisode « Qu’est-ce qu’un patient ? », issu de la série « Pourquoi la patience ? » (toujours sur France culture), nous en dit plus sur ce statut, et notamment dans le cas particulier de la psychanalyse.
Dans la Newsletter n°12 du 9 novembre 2023, Vacances colère : faut-il parler ou bien se taire ?
1- Cette semaine j’ai regardé Psy, de l’autre côté du divan, (Infrarouge, FranceTv), un titre ô combien alléchant vous en conviendrez. C’est vraiment intéressant (et même drôle par moment), surtout si vous découvrez le monde merveilleux de la thérapie.
2- Dans son podcast Mansplaining (Slate) Thomas Messias se penche sur les masculinités pour tenter de les déconstuire (gros programme). Ah, enfin un homme qui casse aussi l’ambiance de ses soirées ! Il ose carrément s’attaquer à la trilogie mythique de notre enfance, Retour vers le futur, réalisant aujourd’hui que « les intrigues sont régies par le besoin permanent de montrer que les hommes ne sont pas des mauviettes », problématique donc. Toi aussi McFly !
Dans la Newsletter n°11 du 26 octobre 2023, Fermer la parenthèse (du souvenir).
1- Il y a cette phrase, dans ce livre que j’ai lu : « Je ne crois pas à l’écriture comme thérapie. Et si ça existait, l’idée de me soigner par le livre me dégoûte. » Moi non plus je n’y crois pas. Mais je crois qu’il faut lire Triste tigre de Neige Sinno.
2- Cette semaine j’ai découvert La santé communautaire : une autre politique du soin. Dans ce tout petit livre, Claire Richard donne la parole aux membres et usager.e.s du Village 2 santé, un centre de santé communautaire implanté dans un quartier populaire près de Grenoble et dont la mission première est de lutter contre les inégalités sociales de santé. L’autrice écrit en conclusion : « Les centres de santé communautaire ont prouvé qu’ils fonctionnent : ce sont des utopies concrètes qui montrent qu’on peut faire du soin autrement. Il ne reste qu’à en ouvrir dans tous les quartiers ». Oui, il ne reste qu’à.
Dans la Newsletter n°10 du 12 octobre 2023, Une rencontre, avec Alexis pédopsychiatre.
1- Si vous êtes arrivé.es jusqu’ici, bravo ! Cette newsletter étant déjà très longue, je ne ferai qu’une seule recommandation cette semaine. Si vous avez besoin de vous changer les idées en toute légèreté, vous pouvez regarder la dernière saison (et toutes les autres) de Sex Education, ne serait-ce que pour la magnifique performance de Gillian Anderson aka agent Scully (la vérité est ailleurs), en parfaite sexologue. Cette série est très drôle, et puis on y parle psy, sex, puberté, lgbtqi+. Si c’est ce que les ados regardent aujourd’hui dans leur chambre, soyez rassuré.es, ils seront des adultes parfaitement éduqués et déconstruits. Un conseil toutefois : ne regardez pas la série avec eux, ça serait vraiment « gênant », comme ils disent.
Dans la Newsletter n°9 du 28 septembre 2023, Cadavre exquis : au nom du père.
1- Le week-end dernier j’ai découvert Césure, un tiers lieu installé pour deux ans sur l’ancien campus de la Sorbonne-Nouvelle. On peut dire que l’endroit rafraichit quelque peu les vieux murs du 5ème arrondissement de Paris. On y retrouve notamment des événements culturels, une cantine et une boutique Emmaüs.
En plus, c’était le festival Formula Bula et j’y ai trouvé une bande dessinée géniale, Se Rétablir, de Lisa Mandel. C’est une enquête sur le rétablissement en santé mentale et vous savez comme ce concept me tient à cœur. Le livre recueille des témoignages de personnes concernées par des troubles psy et qui ont appris à bien vivre avec eux. C’est très instructif et c’est aussi très drôle. Je recommande mille fois.
2- Tiens, encore un épisode super intéressant de Ça tourne pas rond ! Non cette Newsletter n’est pas sponsorisée par Slate Audio, mais que voulez-vous je trouve la psychologue et psychanalyste Mardi Noir toujours aussi claire et pertinente. Le dernier épisode « Vais-je rester moi-même si je prends des antidépresseurs ? » m’a fait voir les choses sous un nouvel angle, une fois n’est pas coutume.
3- Cette semaine j’ai vu pour la première fois Psychose d’Alfred Hitchcock. Si vous vous demandiez comment on a pu associer « psychotique » à « psychopathe », alors il faut voir ce film. J’ai beaucoup ri, une pure merveille. La fin du film est absolument incroyable. Attention spoiler : c’est un psychiatre, carrément, qui élucide l’affaire, c’est-à-dire le cas du serial killer Norman Bates. Après grande analyse, l’illustre Docteur lui diagnostique un rare cas de psychose.
Ce cher Norman Bates a commencé par tuer sa mère (ben oui il était jaloux de son nouveau compagnon), mère qui était elle-même bien évidemment abusive. Après l’avoir empaillée (pour la garder -dans son lit- à ses côtés) il s’est mis à l’entendre parler dans sa tête et à tuer des gens, déguisé en vieille femme. Dans la peau de sa mère, donc. Mommy issues Alfred ?
Si un.e psy me lit qu’il/elle se manifeste et me propose une analyse de ce cas, par avance merci.
Dans la Newsletter n°8 du 14 septembre 2023, Retrouvailles : ce que l’on dit, ce que l’on tait.
1- À 20 ans, si j’avais connu le réseau Psy safe inclusifs je m’en serais peut-être servi pour chercher une nouvelle psy et m’éviter bien des suées. Ici sont recensé.es des psy « situé.es » : « être un psy situé, c’est être un.e professionnel.le qui prend en compte les notions de privilèges et d’oppressions, en reconnaissant qu’elles traversent les représentations et les constructions identitaires. »
Oui, j’ai déjà partagé cette précieuse ressource dans la toute première Newsletter mais peut-être l’avez-vous manquée, alors mieux vaut deux fois qu’une.
2- Idées podcasts : mon petit préféré, le bien nommé « Ça tourne pas rond » (Slate audio) de Mardi noir, psychologue et psychanalyste, nous propose comme toujours de bonnes pistes de réflexions. Peut-on mentir à son psy ? , on est donc quelqu’un.es à se poser la question, me voilà rassurée.
-Et pour continuer à réfléchir sur les rêves, vous pouvez écouter cette épisode ultra intéressant de « L’inconscient » (France Inter), Sommes-nous responsables de nos rêves ? (à écouter seul.e si vous voulez pouvoir continuer à raconter innocemment vos rêves à votre moitié).
3- Cette semaine j’ai écouté Astéréotypie, ça vous dit quelque chose ? C’est un collectif de musique vraiment chouette, dit « post punk », regroupant des personnes autistes et des musiciens. Leur premier album a le meilleur titre du monde « Aucun mec ne ressemble à Brad Pitt dans la Drôme »,sous-titré « La vie réelle est agaçante ». Tout est dit, j’adore.
Dans la Newsletter n°7 du 27 juillet 2023, Série Spéciale Été, rêve général, invitée spéciale.
1- Quatre épisodes passionnants de LSD la série documentaire (France Culture), Le rêve, une réalité, par Stéphane Bonnefoi, réalisés par Anne Perez. J’ai adoré l’épisode trois, sur Robert Desnos et l’écriture sous hypnose. Desnos pratiquait le sommeil hypnotique pour expérimenter une nouvelle écriture surréaliste.
2- Les surréalistes ont beaucoup écrit leurs rêves. Dans leur revue, La Révolution surréaliste (1924-1929), il y a même une rubrique “rêves”, consacrée à leurs récits. On y découvre les rêves de Breton, Leiris, Chirico, ou encore Renée Gauthier (ah, une femme !) … C’est magnifique.
3- Passion littérature jeunesse, toujours. Connaissez-vous Marcel le rêveur ? Sans aucun doute mon album préféré d’Anthony Browne. Onirique à souhait, truffé de bananes et de références, comme cet auteur en a le secret.
Dans la Newsletter n°6 du 13 juillet 2023, Série Spéciale Été, se faire du bien (sans consulter).
1- Quoi de mieux qu’un bon podcast ? Celui-ci je l’adore, Les copines d’abord, par Charlotte Bienaimé (Un podcast à soi, toujours passionnant), un épisode qui fait l’éloge des amitiés féminines, « la puissance qu’elles permettent et la portée politique qu’elles représentent ». Bien-être assuré.
2- Vous habitez Marseille ? Chanceux.ses ! Allez dire bonjour à Manon (ça vous mettra de bonne humeur) et découvrez son atelier de céramique, Démeterre, pour un stage, des cours, et même parfois découvrir la dégustation de vin (avec sa soeur). Il en faut peu pour être heureux.se.
3- Et si vous offriez Le garçon en fleurs (Jarvis), à un enfant que vous aimez ? Et même à vous-même tiens, pourquoi pas. C’est une histoire d’amitié et de solidarité. C’est doux, c’est beau et poétique, une merveille pour le coeur.
Dans la Newsletter n°5 du 29 juin 2023, quitter le nid : trois ans sans psy.
1- Si vous habitez Marseille, vous connaissez peut-être le CoFor, un Centre de Formation au rétablissement ouvert en 2017, pensé par et pour les personnes concernées par des troubles psychiques. Je vous parle régulièrement de la notion de rétablissement (cf Psychologie de comptoir n°3) et pour cause, c’est une approche qui me semble aujourd’hui absolument essentielle, un véritable changement de perspective et de regard sur les troubles psychiques.
Devenir acteur de son rétablissement, c’est apprendre à vivre au mieux avec ses troubles, en s’appuyant sur la pair-aidance (c’est-à-dire l’expérience des personnes concernées), sur les forces et ressources de chacun.e.
L’objectif du CoFor est de “permettre aux personnes concernées de sortir du rôle passif de malade dans lequel elles sont trop souvent cantonnées, et de s’approprier un rôle valorisé d’étudiant, actif dans l’appropriation du savoir, choisissant des modules conçus comme des outils de connaissance de soi, de ses troubles et des moyens d’y faire face.”
2- J’ai lu cette semaine La Santé mentale, vers un bonheur sous contrôle (2014), de Mathieu Bellahsen. Et le moins qu’on puisse dire c’est que ce livre m’a donné matière à réflexion. Je vous encourage donc à le découvrir et à me dire ce que vous en pensez !
La thèse de Bellahsen est la suivante : nous vivons dans une société néolibérale qui désormais « impose le principe de concurrence à tous les domaines de la vie des hommes ».
La logique de marché ne concerne plus seulement le commerce et l’industrie mais aussi l’individu et ses espaces intimes.
« Une fois doté de son capital santé, culturel, social et intellectuel, l’individu entre dans la course pour maximiser ses profits. En faisant preuve d’empathie, en étant concerné par le développement durable, il a le plus de chance de voir ses projets se réaliser pour investir dans l’avenir. Tout devient possiblement récupérable par ce processus de subjectivisation néolibéral. »
Alors, selon l’auteur, “la santé mentale, idée progressiste de la psychiatrie d’après-guerre [s’est] transformée en outil de normalisation et de contrôle”, “une nouvelle norme, un outil dans la gestion néolibérale des populations”.
Et la “mauvaise santé mentale” coûte cher, soit 3 à 4% du produit intérieur brut (à la suite d’une perte de productivité).
Révoltons-nous, soyons fous ?
3- Pour finir, cette semaine j’ai adoré lire à mon fils Les cabossés, de France Quatromme et Barroux. Je suis tombée sur ce joli livre par hasard, en flânant au rayon jeunesse d’une librairie (une autre passion). C’est sa forme qui m’a interpellée, car ce livre n’a que trois angles. Enfin trois angles droits, ce qui fait en tout cinq angles dont deux obtus, enfin vous voyez ? (n’est pas scientifique qui veut).
C’est l’histoire de Monsieur Carré, qui a une vie carrément parfaite. Un jour arrivent le fêlé, le froissé et le tordu. Ils voudraient beaucoup jouer avec Monsieur Carré, mais celui-ci ne laisse aucune place à ce qui n’est pas parfait. Alors Monsieur Carré est seul et il pleure.
Emporté par un torrent de larmes carrées, il est secouru par les trois rigolos, et découvre la douceur de l’amitié. Monsieur Carré perdra un de ses coins dans l’aventure, mais enfin bien entouré, il sera heureux tout imparfait qu’il est.
“ – Maman, nous aussi on est des cabossés ? – Oui mon chéri, on est tous.tes des cabossé.e.s. »
À mettre entre les petites et les grandes mains.
Dans la Newsletter n°4 du 15 juin 2023, je pense donc je fuis : six ans chez bonne-maman.
1- Il y a quelques semaines j’ai découvert la Maison Perchée, une association d’usagers qui accompagne des jeunes adultes vivant avec un trouble psychique (schizophrénie, trouble bipolaire et trouble borderline) ainsi que leurs proches. Dans une précédente Newsletter je vous ai parlé de la notion de rétablissement. Ici la pair-aidance en est le cœur, c’est-à-dire l’entraide entre personnes concernées par un trouble psychique. La Maison Perchée c’est une communauté, un lieu de partage et d’écoute, où l’on peut participer à des ateliers, des groupes de paroles ou encore des conférences. C’est aussi un lieu à Paris où l’on peut venir boire un petit café le matin (l’après-midi est réservé aux membres du programme d’accompagnement).
On aimerait voir fleurir des maisons perchées un peu partout en France, des lieus tellement nécessaires à l’évolution des pratiques en psychiatrie et à la déstigmatisation des maladies psychiques.
“Nous croyons dans un monde où l’on peut vivre heureux sans cacher sa maladie. S’épanouir et non survivre au quotidien avec un trouble bipolaire, borderline ou une schizophrénie.”
2- En 2007, Sandrine Bonnaire a réalisé le portrait de sa petite soeur, Sabine. Sabine est atteinte d’une forme d’autisme tardivement diagnostiquée. Mal prise en charge, très abîmée par cinq années passées dans un hôpital psychiatrique non-adapté à ses besoins, Sabine a perdu énormément de ses capacités avec le temps. On le découvre grâce aux nombreuses et bouleversantes images d’archives, la réalisatrice ayant beaucoup filmé sa soeur sur une période de 25 ans. Ce film est un cri de colère contre une institution malade, abandonnée par les pouvoirs publics, toujours au détriment des usagers.
Mais c’est aussi un cri d’amour pour sa soeur. Ce film, c’est Elle s’appelle Sabine.
3- Pour finir, et parce que (vous l’avez peut-être remarqué) j’adore les podcasts, vous pouvez écouter la géniale Mardi noir (psychologue et psychanalyste) nous expliquer dans « Ça tourne pas rond » pourquoi votre psy prend des notes (ou pas).
Dans la Newsletter n°3 du 1er juin 2023, fin de partie, une histoire de sorcellerie.
1- Il y a peu de temps j’ai découvert le Céapsy, Centre Ressource Troubles Psychiques Île-de-France, qui se donne pour mission de contribuer à l‘amélioration du parcours de vie des personnes en souffrance psychique. Que l’on soit professionnel.le, concerné.e par un trouble psy ou proche d’une personne concerné.e, le Céapsy informe, acompagne dans les démarches diverses, ou encore co-construit des actions d’information collective au sein de structures.
Une mission essentielle en somme.
2- Grâce au génial LSD cité plus haut, j’ai lu (et découvert) avec un plaisir immense Le papier peint jaune (1892) de Charlotte Perkins Gilman, une œuvre (et un objet) à la poésie folle. Gilman nous entraîne dans une sorte de delirium tremens déclenché par ce qu’on appellerait aujourd’hui (mais qui n’est pas nommée dans l’œuvre), une dépression post-partum. Tout part d’un enfermement par un mari médecin et d’une obsession pour un papier peint jaune, dont les motifs sont bien plus libres que la femme qu’ils fascinent.
« Ce texte n’a pas été écrit pour rendre les gens fous, mais pour les empêcher de le devenir. Et ça a marché.» écrit Charlotte Perkins Gilman.
3- J’y ai enfin vu un peu plus clair quant aux mystérieux pouvoirs de ma mamie-pédopsy, en écoutant cet épisode du podcast de France Inter L’Inconscient – à quoi sert de parler à un enfant ? par Caroline Eliacheff, pédopsychiatre et psychanalyste. Captivant !
Dans la Newsletter n°2 du 18 mai 2023, cassé-coulé : une histoire de poids-nié.
1- Agenda non-exhaustif : les 5 et 6 juin, au Palais de Beaumont à Pau, auront lieu les Journées nationales de la santé mentale. Au programme : Repenser les institutions à l’heure du rétablissement.
– Le 11 juin, à l’initiative du Psychodon, des marches pour la santé mentale sont organisées un peu partout en France. Pour un meilleur accès aux soins et la déstigmatisation des troubles psy.
2- J’ai découvert le super podcast “On marche sur la tête”, de Clotilde Costil. À audio binger sans complexe.
3- Je repense à Quand j’avais 5 ans je m’ai tué, mon livre de jeunesse préféré, écrit par Howard Buten, écrivain, clown et psychologue. Ça n’a pas grand chose à voir avec notre sujet, si ce n’est que c’est un récit sur l’enfance, écrit du point de vue d’un enfant, et dans sa langue. Il illustre à merveille l’incommunicabilité entre deux mondes : celui des adultes et celui des enfants.
Dans la Newsletter n°1 du 4 mai 2023, premier essai : une histoire de cabinet.
1- Si vous cherchez un.e psy : le réseau Psy safe inclusifs est une ressource essentielle (il en existe d’autres). Ici sont recensé.es des psy « situé.es » : « être un psy situé, c’est être un.e professionnel.le qui prend en compte les notions de privilèges et d’oppressions, en reconnaissant qu’elles traversent les représentations et les constructions identitaires. »
Selon votre parcours, vous pouvez également demander conseil à des associations.
2- Vous pouvez écouter le podcast ultra intéressant de Mardi Noir « ça tourne pas rond » (produit par Slate Podcasts), et en l’occurence l’épisode « Pourquoi faut-il payer son psy en cash ?«
3- Si les différents stades de développement selon Freud vous passionnent (pourquoi pas), vous pouvez lire cet article.