Reprenons.On est en 2014. Fin d’études, vie de stagiaire et prières d’abondance (3,75 euros de l’heure, à l’aise). Plus de psy, plus de parade. Il est venu le temps du CDI ?Impossible d’imaginer ça la vie d’adulte – souffle coupé.
J’ai rencontré Mareva à la sortie de l’école de nos enfants. École dite maternelle (bien mal nommée) : lieu de la première socialisation en dehors de la famille. Avant septembre, je n’avais pas conscience qu’un enfant qui entre à l’école c’est aussi un parent qui y retourne.
J’ai rencontré Alexis en 2018. J’étais alors à nouveau étudiante en DU d’Art-Thérapie le temps de quelques semaines. À cette époque j’avais pensé : j’aime l’art, j’aime la thérapie, parfait.La croisée des chemins.
Je l’ai rappelée, ça y est. La psy de mon enfance.Elle a pas répondu, j’ai laissé un message. Sur le répondeur j’ai pas reconnu sa voix.Est-ce qu’elle se souvient de moi ?
Je suis heureuse de vous retrouver.C’est sorti comme ça, à peine la porte de son cabinet refermée. C’est pourtant pas ce que j’avais imaginé. Tout le trajet de métro, ligne 7-ligne 6-ligne 2 -(on choisit ni sa famille ni la géolocalisation de sa psy)- à faire et défaire mon discours de rentrée.
Elisa est psychologue clinicienne, elle a longtemps travaillé en institut médico-éducatif (IME), avec des enfants, adolescents et jeunes adultes ayant des troubles importants du développement entraînant une déficience intellectuelle.